LEXIQUE
Un petit lexique à l'attention des Internautes
À l'heure d'un futur conclave qui se déroulera, à compter du 18 avril 2005, d'aucuns s'interrogent au sujet de toute cette nomenclature de termes qui se bousculent dans les médias. Qu'est-ce qu'un «camerlingue» ou bien à quoi peut bien servir un «concile», sans oublier cette fameuse «curie» qui interpelle la curiosité de bien des croyants?
Nous avons pris le parti de dresser un lexique d'une cinquantaine de termes afin d'aider les Internautes à s'y retrouver et, chemin faisant, être en mesure de mieux comprendre le vocabulaire spécifique en usage au Vatican.
Certains termes ont été omis, intentionnellement ou non, nous ne pouvions pas servir la nomenclature complète des termes propres à l'Église catholique romaine. Nous reviendrons, à la lueur de certains articles ou nouvelles, sur certains termes ou concepts susceptibles d'être employés tout au long du prochain CONCLAVE (assemblée des cardinaux enfermés pour élire un nouveau pape).
Nous avons compilé notre information à partir de quelques lexiques et dictionnaires usuels afin de bien servir les termes employés. En espérant que ce lexique vous aidera à mieux vous y retrouver.
Patrice-Hans Perrier
Service des nouvelles-RVM
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Béatification : Admission par l'Église du fait qu'un personnage mort en odeur de sainteté (odeur suave qu'exhalerait le corps de certains saints après leur mort - état de perfection spirituelle) peut être considéré comme bienheureux, et, à ce titre, devenir l'objet d'un culte au moins local. Notons qu'au Moyen-âge la béatification se distinguait à peine de la canonisation
(voir plus bas).
Camerlingue : L'équivalent d'un chambellan, ce cardinal, membre de la cour pontificale, administre la justice et le trésor, préside à la chambre apostolique et gouverne quand le Saint-Siège est vacant. Il aura quasiment les pleins pouvoirs entre le décès du pape et l'élection de son successeur. L'actuel camerlingue, nommé par Jean-Paul II, est le cardinal espagnol Eduardo Martinez Somalo.
Canonisation : Acte solennel par lequel le pape inscrit définitivement un «bienheureux» au catalogue des saints et établit son culte dans l'Église universelle.
Cardinal : Dignitaire de l'Église. Les cardinaux sont aussi appelés les princes de l'Église. Ils forment le conseil du pape et assurent son élection. C'est à partir du troisième concile (voir plus bas), en 1179, qu'il a été décrété que les cardinaux sont les seuls électeurs du pape. Rappelons que ces prélats sont nommés par le pape pour être membre du sacré collège (voir plus bas). Il existe trois catégories de cardinaux : a) cardinaux-évêques; b) cardinaux-prêtres et c) cardinaux-diacres. Il y a 117 cardinaux électeurs à l'heure actuelle.
Catéchèse : Enseignement religieux, instruction orale. Ce terme provient d'un mot qui veut dire «retentir» ou «éveiller un écho».
Collège sacré : Ensemble des cardinaux.
Concile : Réunion d'évêques, de prélats, de dignitaires ecclésiastique et éventuellement de laïcs pour discuter et prendre des décisions à propos de tous les problèmes que peut poser la vie de l'Église. Il est important de faire la distinction entre les conciles pléniers qui rassemblent l'épiscopat de tout un pays, les conciles provinciaux où se rencontres les évêques d'une province ecclésiastique (synode) et, finalement, les conciles oecuméniques ou généraux qui sont l'occasion pour l'ensemble des fidèles dans le monde de venir discuter de problèmes fondamentaux qui affectent l'Église et de dégager des perspectives d'avenir. «Vatican II» fut un concile oecuménique qui, selon le voeux de Jean XXIII, avait pour but de mettre à jour (aggiornamento) l'Église catholique face au monde moderne et de favoriser l'unité des chrétiens.
Concile oecuménique : Il représente l'Église universelle. Les huit conciles du premier millénaire se sont réunis en Orient. Les treize conciles du second millénaire sont convoqués en Occident à l'initiative des papes, afin de résoudre des questions d'ordre disciplinaire, dans un premier temps, mais aussi afin de trouver des solutions aux crises qui peuvent ébranler l'institution ecclésiale et l'ensemble des croyants. C'est dans ce sens que l'issue d'un concile oecuménique portera, inévitablement, sur une réforme de l'Église.
Conclave : La réunion officielle des cardinaux du monde entier chargés d'élire le pape. Notons que, depuis 1970, le pape Paul VI a fixé à 80 ans l'âge limite pour faire partie du collège électoral. Ils sont actuellement 117 à disposer de ce droit de vote et 114, de ce nombre, ont été nommés par Jean-Paul II. Le conclave doit se réunir dans un délai de quinze à vingt jours après la mort du pape. Les cardinaux, réunis en congrégations (réunions convoquées par le camerlingue), ont pris la décision de fixer la date du prochain conclave au 18 avril 2005.
Congrégation : Réunions spéciales convoquées par le camerlingue et qui permettent aux cardinaux de faire connaissance et de discuter de façon informelle pendant l'interrègne (entre la mort du pape et l'élection de son successeur).
Congrégation pour la doctrine de la foi : Nouveau nom du Saint-Office depuis Vatican II. Il est à noter que l'actuel responsable du «Saint-Office» est le cardinal Joseph Ratzinguer, un personnage influent de la curie et qui serait un des papabili (les prétendants les mieux placés pour accéder à la fonction suprême) les plus en vue à l'heure actuelle. Rappelons que le «Saint-Office» était un tribunal de la «Sainte Inquisition», à ses débuts, chargé de faire respecter l'orthodoxie en matière de croyances et de pratiques religieuses.
Congrégation romaine : Nom donné à divers organismes de la curie (voir plus bas) romaine, qui assistent le pape dans le gouvernement de l'Église universelle. La congrégation romaine est présidée par un préfet (voir plus bas).
Constitution apostolique : Il s'agit d'un document qui fixe des délais très précis pour les événements qui surviendront après le décès du pape. Jean-Paul II a promulgué, le 22 février 1996, la «Constitution apostolique Universi Dominici Gregis sur la vacance du siège apostolique et l'élection du pontife romain».
Consistoire : Assemblée des cardinaux de la curie autour du pape afin d'examiner les affaires importantes de l'Église ou pour rédiger certains actes solennels.
Constitution : Décisions les plus importantes du pontife concernant la foi, les moeurs ou l'administration de l'Église.
Curie : Cour pontificale. Elle rassemble des prélats et des fonctionnaires qui entourent le pape et l'assistent dans l'administration de l'Église au niveau de divers dicastères (voir plus bas) : secrétariats, congrégations, offices, tribunaux. C'est en cela que l'on compare souvent la curie romaine à un gouvernement avec ses différents ministères.
Dicastère : Nom de chacun des organismes de la curie.
Diocèse : Circonscription ecclésiastique placée sous la juridiction d'un évêque ou d'un archevêque. Il regroupe l'ensemble des croyants d'un territoire donné et peut inclure des paroisses, qui sont de plus petites unités placés sous la responsabilité pastorale d'un prêtre (cure - en est dérivé le terme «curé»). Rappelons qu'à l'origine, avant la naissance du christianisme, les diocèses étaient des circonscriptions administrées par un vicaire de l'empire romain.
Dogme : Le terme grec «dogma» qui signifiait décision juridique est devenu, au fil du temps, une expression désignant les positions propres aux penseurs. Une connotation autoritaire était rattachée à cette première acception. À l'heure actuelle, le terme «dogme» se rapporte aux vérités définies par le magistère (voir plus bas) extraordinaire de l'Église. Les dogmes sont décrétés par le pape ou un concile oecuménique). Rappelons que si les dogmes éclairent les saintes paroles des évangiles, elles ne sont pas des vérités au sens divin. Rappelons que les théologiens du Moyen-âge préféraient employer l'expression «article de foi», plutôt que de parler de «dogmes».
Droit canon : Ensemble des lois qui régissent l'Église catholique et se trouvent réunies et fixées dans le Code de droit canon promulgué par Benoît XV le 27 mai 1917. Jean-Paul II a promulgué le nouveau Code le 25 janvier 1983. Notons que la conception catholique du droit subordonne le droit subjectif du législateur humain au droit naturel qui découle de l'autorité suprême de Dieu.
Encyclique : Lettre du pape adressée aux évêques du monde, parfois aussi aux fidèles et même aux «hommes de bonne volonté». Il est habituellement rédigé en latin. Mais peut aussi être écrit en langue vernaculaire (la langue d'un pays directement concerné). L'universalité de ce document lui confère une autorité particulière comme expression du magistère (voir plus bas).
Exhortation : Prédication ou causerie invitant les participants à s'ouvrir au progrès spirituel.
Homélie : Prédication dont la trame suit avec beaucoup de précision le texte révélé (parabole, discours du Christ, récit de miracle) en s'efforçant de résoudre les difficultés rencontrées et en explicitant, au fur et à mesure, les implications spirituelles ou morales contenues dans le récit.
Fumée blanche : L'élection d'un pape se fait au moyen de bulletins que les cardinaux déposent dans un calice. L'issue finale du vote suppose la réunion des deux tiers des voix plus une. Après le dépouillement de chaque scrutin, les bulletins sont brûlés dans un poêle. Si le résultat est négatif (personne n'a été élu), on ajoute dans le poêle de la paille humide qui noircira la fumée. Si le résultat est positif, on fait brûler les seuls bulletins qui donnent une fumée blanche annonçant à la foule, massée sur la place Saint-Pierre, l'élection du nouveau Souverain Pontife.
Infaillibilité : Le fait de ne pas être sujet à l'erreur en élaborant des points de doctrine sur la foi ou la morale. Lorsque le pape se prononce «ex cathedra», en remplissant la charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens, il tente de définir, pour le bénéfice de l'Église, un point de doctrine qui serait contesté. C'est sous le règne du pape Pie IX que devait se réunir, en 1870, le 1er concile du Vatican qui a décrété le dogme de «l'infaillibilité pontificale».
In pectore : Cette expression s'utilise lorsqu'un pape crée un cardinal en consistoire (voir plus haut) sans divulguer son nom. Il s'agit d'une pratique qui consiste à protéger l'identité d'un dignitaire ecclésiastique pour des raisons liées à la situation religieuse ou politique de son pays. Cette locution dérive du latin et signifie littéralement «dans son coeur».
Lettre apostolique : Lettre adressée à des responsables pour développer un enseignement ou une orientation sur un point précis. Ces documents pontificaux sont divisés en quatre catégories : les bulles, les brefs, les «motu proprio» et les signatures de la Cour de Rome.
Magistère : Autorité doctrinale, morale ou intellectuelle : «le magistère de l'Église».
Motu proprio : Acte (écrit qui manifeste la volonté de son auteur) du pape, où le principal intéressé s'exprime de son propre chef. Il s'agit d'un document ayant une portée plus générale que les décrétales (décision papale sur une consultation, donnée sous forme de lettre et qui fait jurisprudence) qui répondent à une question donnée.
Nonce : Ambassadeur du pape auprès d'un gouvernement étranger. Du latin «nuntius», signifie messager. Ce haut dignitaire du Vatican est également chargé d'assurer le lien entre le Saint-Siège et l'Église du pays où il est envoyé.
Oecuménisme : Mouvement qui cherche à promouvoir l'unité de foi et de communion entre les diverses communautés chrétiennes divisées.
Office : Charge (fonction) permanente et publique.
Opus Dei : Institut séculier fondé en Espagne par Mgr Josée Maria Escriva de Balaguer en 1928. Il s'agit d'une véritable milice religieuse qui a acquis un statut de prélature personnelle du pape, au-dessus de la juridiction des évêques. Cette organisation est présente un peu partout dans le monde et tente de recruter de nouveaux membres dans les milieux universitaires et intellectuels. Son credo est basé sur le fait qu'une «haute spiritualité» puisse être un «signe d'excellence sociale». L'Opus Dei, ou «l'oeuvre de Dieu», pourrait être appelée à jouer un rôle important lors de la désignation du successeur de Jean-Paul II.
Ordres : Le sacré collège (l'ensemble des cardinaux de l'Église romaine) est réparti en trois ordres : les cardinaux-évêques; les cardinaux-prêtres (titulaires d'une église romaine) et les cardinaux-diacres (titulaires d'une diaconie - territoire du diacre - romaine).
Papabili : Successeurs éventuels pour remplacer le défunt pape.
Pontife (souverain) : Un des titres du pape. C'est à l'époque du pape Léon Le Grand (440-461) que ce titre a été conféré à la papauté.
Préfet : Titre des cardinaux qui président les congrégations romaines.
Prélat : Dignitaire ecclésiastique.
Primat : Titre d'un évêque, attribué en raison de son autorité personnelle, d'un mandat pontifical ou, plus souvent, attaché à un siège épiscopal (lieu de résidence de l'évêque) en vertu d'une tradition fondée sur l'importance historique de ce siège. Le titre de primat ne confère plus aujourd'hui de pouvoir gouvernementaux, mais laisse subsister une préséance d'honneur.
Prince de l'Église : Titre des cardinaux.
Sacré collège : Ensemble des cardinaux constituant autour du pape une sorte de conseil ou de sénat de l'Église. On le nomme aussi «collège des cardinaux». Il s'agit de la réunion de l'ensemble des cardinaux, à la différence du conclave qui réunit seulement les cardinaux électeurs. Le Sacré Collège est présidé par son doyen, actuellement le cardinal Joseph Ratzinger qui cumule d'autres prérogatives au sein de la curie romaine.
Saint Office : Congrégation romaine créée par Paul III en 1542 (sous l'appellation de «Sacrée Congrégation de l'Inquisition universelle»), afin d'éradiquer les courants protestants. Chargé de veiller à la pureté de la doctrine, le Saint-Office s'est transformé, dans le sillage de Vatican II, en «Congrégation pour la doctrine de la Foi ».
Saint-Siège : Le trône de Saint-Pierre. Une expression fondamentale qui désigne le pape et tous les organismes qui l'assistent.
Siège apostolique : Expression réservée au siège (lieu où réside le pape) de Rome.
Synode : À la base, cette appellation désignait toute assemblée conciliaire, oecuménique ou provinciale. Puis, en 1965, le pape Paul VI instituait un synode épiscopal, soit une assemblée périodique des évêques autour du pape, plus restreinte qu'un concile oecuménique et plus facile à réunir. Finalement, en 1983, le synode diocésain est institué par le nouveau Code de droit canonique. Cette nouvelle forme d'assemblée prévoyait une réunion autour de l'Évêque, de délégués de prêtres, de religieux et de fidèles du diocèse afin d'échanger dans une perspective d'évangélisation et de pastorale. Une autre expression qui dérive de la langue grecque ancienne et qui signifie «faire route ensemble».
Vacance : Situation d'un office ou d'un poste ecclésiastique privé de titulaire, à la suite d'un décès, d'une démission ou d'un transfert.
Vicaire : Celui qui exerce une fonction de suppléant ou d'adjoint du prêtre ou d'un autre ecclésiastique. Par exemple, le «vicaire général», lui-même un ecclésiastique, est le collaborateur immédiat de l'évêque pour l'administration du diocèse.