Benoît XVI et l'islam -
Chronologie depuis le 12 septembre 2006
17 octobre :
Rome: Lettre ouverte au pape
5 octobre :
Ratisbonne : La ‘Civiltà Cattolica’ parle de détournement de sens
3 octobre :
Le dialogue interreligieux va au-delà des discussions académiques ou théologiques
25 septembre :
Castelgandolfo: Réactions des ambassadeurs de Côte d'Ivoire et d'Indonésie
22 septembre :
Rome: Le pape va recevoir les ambassadeurs des pays musulmans auprès du Saint-Siège
20 septembre :
L’Osservatore Romano publie en première page et en arabe, une première
18 septembre : Réaction des Dominicains du Caire
Un des plus célèbres instituts catholiques d’études orientales, l’Institut dominicain d’études orientales (IDEO), installé au Caire, juge que les propos du pape « mettent en danger les avancées du dialogue réalisées au cours des dernières décennies ». D’après IDEO, le choix des citations, un extrait d’un dialogue entre l’empereur byzantin Manuel II et un Persan musulman, ne peut que raviver les polémiques du passé.
18 septembre : Une effigie du pape brûlée
Dans la capitale du Cachemire pakistanais, des manifestants brûlent une effigie du pape. Cette manifestation est une protestation contre les propos de Benoit XVI. Selon ce que rapporte le journal La Presse, quelque 150 manifestants ont crié « Mort au pape ».
17 septembre : Un assassinat condamné par les « Tribunaux islamiques » de Somalie
Selon l’agence de presse Zenit, une religieuse de 66 ans travaillant dans un hôpital pédiatrique, sœur Leonella Sgorbati, a été assassinée ce dimanche par des hommes armés, à Mogadiscio, la capitale de la Somalie, ainsi qu’un homme qui l’escortait. Des représentants d’un mouvement islamique local ont déclaré à l’agence Reuters que cet assassinat était un signe de protestation contre les paroles prononcées par Benoît XVI sur l’islam, dans son discours de Ratisbonne le 12 septembre. « Nous condamnons l’assassinat de cette religieuse. Il s’agit d’un acte barbare et contraire aux enseignements de l’islam (…) Nous sommes désolés pour ce qui s’est produit », a déclaré le cheikh Muktar Robow, vice-responsable pour la sécurité du Conseil suprême islamique de Somalie, à propos de l’assassinat de sœur Leonella, informe l’agence Misna.
« Pour l’amour de Dieu, n’en faisons par une question liée à l’Islam, ce n’est pas comme ça. Nous ne voudrions pas que l’on associe ce qui s’est passé à de choses qui ne sont pas exactes, il s’agit du geste d’extrémistes isolés. La population somalienne aime les sœurs. Le sacrifice de Leonella prouve précisément que l’on peut cohabiter. Pendant deux ans, elle a été l’enseignante de jeunes garçons et jeunes filles de Mogadiscio de confession musulmane, dans le respect réciproque de leurs convictions religieuses. Sœur Leonella continuera de vivre à travers ces jeunes », déclare à la MISNA Soeur Gabriella Bono, supérieure des Missionnaires de la Consolata, contactée dans la maison généralice de Nepi (Viterbe) en Italie.
17 septembre : Réactions de Mgr Charles Bo, SDB, archevêque catholique de Rangoun, en Birmanie.
Benoît XVI a dit ce qu’affirment des millions de musulmans à travers le monde : la religion ne peut justifier la violence. C’est ce qu’a déclaré l’archevêque catholique de Rangoun, en Birmanie. Dans un message envoyé à Zenit, Mgr Charles Bo, SDB., affirme : « Je suis triste de constater les malentendus de nos frères musulmans concernant ce que notre Saint-Père Benoît XVI a mentionné. Il est évident que dans un pays aussi tranquille que le Myanmar, nous ne voyons aucune réaction des musulmans ».
17 septembre 2006 : Le pape éclaire le sens des paroles qui ont offensé les musulmans
A l’occasion de la prière de l’Angélus, ce dimanche 17 septembre, de la résidence pontificale de Castel Gandolfo, le pape a exprimé ceci : « En ce moment, je désire seulement ajouter que je suis vivement attristé par les réactions suscitées par un bref passage de mon discours à l’Université de Ratisbonne, considéré comme offensant pour la sensibilité des croyants musulmans, alors qu’il s’agissait d’une citation d’un texte médiéval, qui n’exprime en aucune manière ma pensée personnelle. Hier, Monsieur le Cardinal Secrétaire d’État a rendu publique, à ce sujet, une déclaration dans laquelle il a expliqué le sens authentique de mes paroles. J’espère que cela contribuera à apaiser les esprits et à clarifier le sens véritable de mon discours, qui, dans son ensemble, était et est une invitation au dialogue franc et sincère, avec un grand respect réciproque. »
17 septembre : Réaction de Djibouti
Le conseil suprême islamique de Djibouti a indiqué que les déclarations du pape Benoît XVI, faites le mardi 12 septembre dernier, étaient des accusations graves portées à l'encontre de l'Islam, du Prophète Mohamed et de tous les musulmans du monde entier. Le recours à une citation d'un ancien empereur byzantin selon laquelle le Prophète Mohamed aurait dit aux croyants de prêcher l'Islam par la voie de l'épée est une provocation indigne de la part du chef de l'église chrétienne catholique.
16 septembre 2006 : Déclaration du cardinal Bertone, secrétaire d’État
Face aux réactions de différentes communautés musulmanes à certains passages du discours du pape le 12 septembre dernier le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État, a publié la déclaration suivante :
- La position du pape sur l’islam est clairement celle qui est exprimée dans le document conciliaire Nostra Aetate : « L'Eglise regarde avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, créateur du ciel et de ta terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s'ils sont cachés, comme s'est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu'ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète; ils honorent sa mère virginale, Marie, et parfois même l'invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement où Dieu rétribuera tous les hommes ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l'aumône et le jeûne (n. 3)
- L’option du pape en faveur du dialogue interreligieux et interculturel est tout aussi claire. Au cours de sa rencontre avec les représentants de quelques communautés musulmanes à Cologne, le 20 août 2005, il a affirmé que ce dialogue entre chrétiens et musulmans « ne peut pas se réduire à un choix passager », ajoutant : « Les leçons du passé doivent nous servir à éviter de répéter les mêmes erreurs. Nous voulons rechercher les voies de la réconciliation et apprendre à vivre en respectant chacun l'identité de l'autre ».
- Quant au jugement de l’empereur byzantin Manuel II Paléologue, qu’il cite dans le discours de Ratisbonne, le Saint-Père n’avait et n’a absolument pas l’intention de le faire sien. Il l’a simplement utilisé comme occasion pour proposer, dans un contexte universitaire et selon le résultat d’une lecture complète et attentive du texte, quelques réflexions sur le thème du rapport entre religion et violence en général, et pour conclure par un refus clair et radical de la motivation religieuse de la violence, d’où qu’elle vienne. Il est opportun de rappeler à cet égard ce que Benoît XVI lui-même a récemment affirmé dans le Message commémoratif du XXe anniversaire de la rencontre interreligieuse de prière pour la paix voulue par son bien-aimé prédécesseur Jean-Paul II à Assise en octobre 1986 : Les « manifestations de violence ne peuvent pas être attribuées à la religion en tant que telle, mais aux limites culturelles dans lesquelles elle est vécue et se développe dans le temps. … En effet, des témoignages du lien intime qui existe entre le rapport avec Dieu et l'éthique de l'amour sont visibles dans toutes les grandes traditions religieuses ».
Le Saint-Père regrette par conséquent vivement que certains passages de son discours aient pu offenser la sensibilité des croyants musulmans et qu’ils aient été interprétés d’une manière qui ne correspondait absolument pas à ses intentions. D’autre part, face à la fervente religiosité des croyants musulmans, il a mis en garde la culture occidentale sécularisée, afin qu’elle évite « le mépris de Dieu et le cynisme qui considère la dérision du sacré comme un droit de la liberté ».
En réaffirmant son respect et son estime pour ceux qui professent la religion musulmane, il forme le vœu qu’on les aide à comprendre dans leur juste sens ses paroles, afin que, ce moment difficile rapidement surmonté, se renforce le témoignage au « Dieu Un, vivant et subsistant, créateur du ciel et de ta terre, qui a parlé aux hommes » et la collaboration pour « défendre et promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté » (Nostra Aetate, n. 3).
(Traduction de l’original italien réalisée par Zenit)
15 septembre : Réaction du Pakistan
Le Parlement pakistanais adopte une résolution demandant à Benoit XVI de retirer ses propos qui sont interprétés comme liant Islam et violence. Le ministère des Affaires étrangères du Pakistan a dénoncé l’ignorance du pape concernant l’Islam.
12 septembre 2006 : Le discours de Ratisbonne
Le pape Benoît XVI a évoqué mardi 12 septembre lors d'un discours à l'Université de Ratisbonne (sud de l'Allemagne) le rapport entre foi, raison et violence dans la religion musulmane.