DOSSIER :
CARICATURE DE MOHAMED

Kofi Annan appelle à la désescalade dans l'affaire des caricatures
Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a appelé dimanche, à la télévision danoise, à la désescalade dans l'affaire des caricatures de Mahomet, et à l'abandon de la "diplomatie du mégaphone".
Dans un entretien à la 1ère chaîne publique DR1 à la veille de sa rencontre avec le président américain George W. Bush, M. Annan a souligné le besoin de "compréhension, de dialogue", et la nécéssité d'une "désescalade" de ce conflit.
"Mon message à M. Bush sera le même: nous avons besoin de montrer de la compréhension, nous avons besoin de dialogue, nous avons besoin aussi de désescalade et moins de diplomatie du mégaphone", a-t-il souligné.
"Je pense qu'on devrait fermer les mégaphones et commencer à parler calmement les uns avec les autres", a-t-il ajouté.
Commentant les dessins satiriques du quotidien danois Jyllands-Posten, à l'origine des protestations dans le monde musulman, M. Annan s'est dit "surpris", les jugeant "manquant de sensibilité, et plutôt offensant, offensant dans le sens où ils ont trait à une religion qui a plus d'un milliard d'adeptes dans le monde".
Certes, dit-il, "il y a des éléments dans cette religion, des éléments marginaux, qui ont recours à la violence, mais cela ne signifie pas que toute la religion (musulmane) est violente".
"Quand vous regardez les caricatures, elles suggèrent cette impression", estime-t-il.
"Ce n'était probablement pas intentionnel, mais c'est l'impression que l'on a, et elles (les caricatures) ont provoqué manifestement beaucoup d'indignation dans le monde musulman, et nous devons faire tout notre possible pour les apaiser", selon le secrétaire général.
Mais les réactions violentes "ne sont pas justifiées", a-t-il ajouté, et la réponse à la crise "ne doit pas être la violence".
Evoquant le principe de la liberté d'expression, auquel les Danois sont très attachés, M. Annan a observé qu'il "soutenait (aussi) la liberté de parole, d'opinion".
Cependant "la liberté d'expression et d'opinion doit impliquer quelque responsabilité et une capacité de jugement (...). On a l'obligation de respecter les religions et croyances des autres, et je pense que nous devons respecter ce qui est sacré chez les autres", a-t-il poursuivi.
"Vous observez, a-t-il ajouté, que les grands journaux et les très bons journaux dans le monde n'ont jamais publié ces dessins".
Source :
La Croix 13 février 2006