DOSSIER : CARICATURE DE MOHAMED

Chacun prêche pour sa mosquéee



Les caricatures du prophète Mohamed, parues il y a quatre mois au Danemark, continuent de susciter des réactions mitigées parmi les pays occidentaux. Sur cette question encore, comme au début de l’invasion planifiée de l’Irak, les démocraties occidentales ont du mal à s’accorder sur une position commune quant à la question de savoir si oui ou non, il faut condamner ces caricatures. Si sur la question irakienne, la ligne de fracture était la question de la légitimité de l’intervention, il semble que sur la question des caricatures se dessinent deux cultures, disons deux philosophies différentes, partagées entre la liberté d’expression et le respect des convictions religieuses.

D’une part un communautarisme, ou multiculturalisme anglo-saxon, qui assume la diversité des cultures, des confessions et leur droit d’exister côte à côte. Dans ce lot, on trouve la Grande Bretagne et ses anciennes colonies comme les Etats-Unis, le Canada, ou des pays africains comme le Nigéria, où certains Etats pratiquent la charia et la lapidation ( l’autorisation de la charia dans les communautés musulmanes a sérieusement été envisagée en Ontario ). De l’autre, un modèle républicain d’essence française, bâti sur la laïcité et l’intégration, et qui a fait école chez certains voisins immédiats. Pendant que les écoles françaises interdisaient le port du Tchador (voile musulman), au nom de l’école laïque, les juges anglais outre manche accordaient ce droit aux élèves musulmans, au nom de la liberté de culte.

C’est au nom de cette liberté que la Grande Bretagne a longtemps accueilli et accepté les activités de certains fanatiques musulmans, combattus aujourd’hui dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, alors qu’ils opéraient en toute légalité dans leurs mosquées. Les caricatures de Mohamed ne font pas exception. Dès le début de la crise, la France a défendu la liberté d’expression, condamné les réactions dans les pays arabes, et de nombreux journaux ont suivi, publiant les caricatures, dont une au moins présente le prophète de l’islam en terroriste avec une bombe à la main. Aux Etats-Unis, au Canada et en Grande Bretagne, la réaction est toute autre. Les journaux, dans leur majorité tout au moins, ont, les premiers, pris une position nette contre la publication de ces caricatures. Parce qu’ils n’en trouvaient pas la pertinence, ensuite, parce qu’elles offensaient inutilement.

La plupart des gouvernements de ces pays, n’ont pas tardé dans leurs réactions, à épouser les mêmes positions. Comme pour trancher avec la position exprimée par la France « républicaine », Washington s’est impliqué dans la crise, en condamnant clairement la publication des caricatures. «Ces caricatures sont évidemment blessantes pour les croyances des musulmans», a déclaré le porte-parole du département d'État, pour qui «l'incitation à la haine religieuse et ethnique n'est pas acceptable». Pays de la liberté d'expression, les États-Unis ne lui fixent pas moins des limites, a déclaré le porte-parole : «Nous reconnaissons tous et nous respectons complètement la liberté de la presse et de l'expression, mais elle doit s'accompagner de la responsabilité de la presse.» A Londres, le ministre des Affaires étrangères Jack Straw a jugé les dessins «indélicats» et témoignant d'un «manque de respect». Pour lui, «il y a la liberté de la presse, nous la respectons tous. Mais il n'y a pas d'obligation d'insulter ou d'être gratuitement incendiaire.» Le secrétaire au Foreign Office a rendu hommage à la «responsabilité» des médias britanniques, dont aucun n'a publié les images, à l'exception de très courts passages dans des journaux télévisés de la BBC et de Channel 4 jeudi. En Italie, le ministre de l'Intérieur Giuseppe Pisanu a affirmé de son côté qu'il fallait «respecter les symboles religieux».

En recevant cette fin de semaine le recteur de la mosquée de Paris, le président Jacques Chirac était obligé de nuancer les premières positions exprimées sur la question. Le président français a rappelé que la liberté d’expression était l’un «des fondements de la République». Il a néanmoins appelé chacun «au plus grand esprit de responsabilité, de respect et de mesure pour éviter tout ce qui peut blesser les convictions d'autrui».

Dans certains pays musulmans, les manifestations violentes succèdent aux appels au boycott des produits danois dans le monde. Une personnes est morte au Liban dans de violentes manifestations, des locaux de l’ambassade de Danemark ont été incendiées dimanche. Mais les positions différentes exprimées dans les pays occidentaux, écartent l’idée, savamment entretenue par certains extrémistes, d’un « complot » de l’occident contre les « musulmans du monde ». 

 

QUESTION DE LA SEMAINE

  La crise de la listériose changera-t-elle vos habitudes de consommation ?


[Résultat]
  À DÉCOUVRIR






  À SAVOIR


CHOEUR RADIO VILLE-MARIE


  À LIRE




  À GAGNER

À SURVEILLER
PARTENAIRES AMBASSADEURS
Le Club des Ambassadeurs regroupe des entreprises préoccupées des questions humaines, sociales, spirituelles et de développement durable.

Pourquoi pas vous ?
CLUB DES « MILLE »
AMI(E)S ASSOCIÉ(E)S
Vous pouvez aider RVM à vous offrir une programmation de qualité en devenant AMI(E)S ASSOCIÉ(E)S

Plus de détails »



sortie185 | Outil de mesure d'audience.
Radio Ville-Marie 91,3 fm | Pour un sens à la vie!
- App. web: wod -