
DOSSIER : CARICATURE DE MOHAMED (Mahomet)
Mahomet et la liberté de la presse
4 avril
La vague de protestation qui s'est emparée du monde musulman après la publication de caricatures de Mahomet incite à remettre en lumière l'histoire, ô combien tumultueuse, de la liberté de la presse. Quitte à s'apercevoir que les acquis ne sont pas forcément... acquis, loin s'en faut.
Ainsi l'article 11 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 24 août 1789 affirme-t-il que « tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement ». Rappelons qu'en France, le premier numéro du premier journal, La Gazette de Théophraste Renaudot, paraît le 30 mai 1631. Soit 250 ans avant la loi sur la liberté de la presse, adoptée le 29 juillet 1881 par la IIIe République et dont l'article 1er pose que « l'imprimerie et la librairie sont libres ». Cette avancée notable survient après bien des avatars : le président de la République Louis Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, avait notamment fait adopter, en 1852, tout un arsenal de mesures visant à bâillonner les journaux. Par exemple, seuls les procès-verbaux officiels devaient rendre compte des débats à l'Assemblée ou des procès.
Pour autant, la loi de 1881 ne résout pas tout. Nombreux seront les épisodes durant lesquels la presse sera sévèrement encadrée en France. A commencer par la Première Guerre mondiale, qui voit le bureau de presse du ministère de la Guerre veiller au grain. Il s'agit alors de « retenir » des informations, afin de peser sur l'opinion. En 1915, Le Canard enchaîné naît d'ailleurs en réaction à cette propagande. Si du temps a passé depuis, le sujet sensible de la liberté de s'exprimer n'a rien perdu de son acuité.
Source : www.historia.presse.fr