
Dieu, transforme le monde par ta grâce
L’effet consensus
Par David Fines
Avant-dernière journée de la 9eme Assemblée générale du Conseil œcuménique des Églises… On laisse les journalistes un peu tranquilles : pas de conférence de presse aujourd’hui. C’est vrai qu’il y a maintenant trois séances plénières par jour qui, en principe, doivent servir à prendre des décisions… mais le nouveau mode de décision par consensus fonctionne par à-coups, a des ratés, et parfois toussote.
Mais bon, entre les temps morts, on ne se tourne pas les pouces, c’est l’occasion de faire quelques entrevues. Après celle d’Omega Bula, responsable de l’Unité Justice, mondialisation et relations œcuméniques de l’Église unie, une autre sur la pratique du journalisme au Liban, et une troisième avec un jeune Palestinien activiste pour la paix déjà engrangées, j’en enfile plusieurs de suite : avec Chris Ferguson responsable du bureau du COÉ pour la Palestine et Israël à Jérusalem, une avec un vieux routier d’Allemagne qui en est à sa cinquième Assemblée et une dernière en fin d’après-midi avec le tout nouveau président de la zone du Pacifique, un pasteur de l’Église protestante de Tahiti, membre du Conseil central du COÉ et qui en est, comme il me l’apprendra, à sa quatrième participation à une Assemblée générale. Vous pourrez en lire tous les comptes-rendus dans les prochains numéros d’Aujourd'hui Credo, le mensuel francophone de l’Église unie du Canada ! Si vous n’êtes pas encore abonné-e, c’est le temps de la faire en téléphonant à Josée Lamarre au (450) 466-7733.
On sent un peu déjà que la fin approche. Quelques délégués-es sont déjà partis-es. Ce matin, c’est la dernière rencontre des groupes d’études bibliques pour un partage un peu spécial (sur le difficile psaume 130) et une photo souvenir qui représentera beaucoup. En après-midi se tiennent les derniers ateliers-discussion du Mutirao. Mutirao est un mot en portugais qui signifie lieu de rassemblement, de discussion. Le programme Mutirao de cette Assemblée proposait une très grande variété d’événements qui permettaient à toutes sortes de groupes de présenter leur cause et leurs activités soit par des kiosques, des expositions, des ateliers-discussion à moments fixes (environ une trentaine par jour) ou encore des manifestations culturelles à toutes heures du jour et de la soirée, Le Bate-papo (qui veut dire clavarder en brésilien) offrait tous les midis un espace de discussions informelles (mais tout de même sérieuses) avec des personnalités sur des sujets allant de la théologie de la libération à l’avenir du christianisme. Demain, les kiosques du Mutirao vont être démontés.
Sans oublier les cultes quotidiens du matin et du soir, ainsi que ceux des diverses confessions. Comme il a été décidé qu’il n’y aurait pas de célébration eucharistique commune (pour la première fois dans toute l’existence du COÉ !), les dénominations ont été invitées à en organiser elles-mêmes. Je me rends, avec plus de 80 autres personnes, à celle des Disciples du Christ des États-Unis (très proches des réformés). Il y aura même une prière en français.
Mais revenons à nos plénières. On essaye de terminer tant bien que mal l’étude du deuxième rapport du Comité d’actualité, et je ne suis pas sûr, parce que ça s’est un peu compliqué dans les procédures, mais je ne crois pas qu’il ait été adopté dans son entier. (On dispose de même façon partielle du rapport sur l’ecclésiologie.) De toute façon, ça ne change pas grand-chose à nos vies. Mais surtout, je dois faire petite œuvre de contrition car dans celui-ci on trouve une déclaration sur l’ « affaire des caricatures ». Elle est intitulée « Note sur le respect et la responsabilité mutuels et le dialogue avec les fidèles d’autres religions ». Elle dose très bien et le droit fondamental de la liberté d’expression et son utilisation abusive et les échecs qui « ajoutent un sentiment de frustration à la conscience collective » de certains peuples. « La tension qui règne dans le monde oppose non pas des religions et croyances, mais des idéologies laïques et religieuses agressives, intolérantes et manipulatrices. » Et en conclusion : « Il ressort de cette crise que les États et les sociétés laïques doivent mieux comprendre et respecter le rôle et la signification de la religion, élément essentiel de l’identité humaine dans un monde multiculturel et sans frontières, contribuant ainsi à aider les religions et les fidèles à combler les fossés entre les cultures et les nations et à résoudre les problèmes sous-jacents. »
Ensuite c’est le vote entérinant le choix des huit présidents régionaux. Un vrai vote celui-là qui n’aurait dû être qu’une formalité mais qui sera gravement mal mené par l’incompétence de la présidente d’assemblée dont je tairai le nom par respect. Il y a deux francophones (Afrique et Pacifique) dans la liste et une hispanophone (Amérique latine).
Et enfin, une nouvelle liste de nominations pour le Comité central et une nouvelle mouture du Message officiel de la 9eme Assemblée… mais dans les deux cas, les divergences ne permettent pas d’arriver à un consensus… malgré les très méritoires efforts de la modératrice du moment, Marion Best. Tout ça est remis à demain.
La surprise de la journée : l’hommage rendu par les chauds applaudissements de toute l’assistance aux 50 et quelques stewards, ces jeunes venus du monde entier et qui s’occupent de toutes les tâches ingrates (distribution de la paperasse, ramasser les écouteurs, voir à la qualité de son, etc) mais absolument essentielles pour que se déroule bien une rencontre de cette ampleur. Sans doute aurait-on pu souligner également l’inestimable contribution des bénévoles responsables des célébrations, ou celle des choristes toujours là à 7h30 du matin pour une répétition, ou celle des personnes qui se sont occupé des pauses-café, ou celle des hommes chargés de transporter et de changer des centaines de réservoirs d’eau, ou celle des employés-es de Fellini, la compagnie touristique qui nous a guidés et transportés matin et soir en étant d’une patience d’anges…. Merci à eux tous et elles toutes.
David Fines