Dossier Pologne : démission de Mgr Stanislaw Wielgus
 Articles de l’Agence de presse internationale catholique (APIC) sur le sujet
Affaire Wielgus:
Joaquin Navarro-Valls invite à remettre les faits en perspective
Une situation très répandue à l'époque
Il faut « bien connaître la situation pour mettre les faits en perspective », a estimé le 8 janvier Joaquin Navarro-Valls au sujet des accusations faites contre des prêtres polonais de compromission avec le régime communiste.
L’ancien porte-parole de Jean Paul II s'exprime dans le quotidien « La Repubblica », au lendemain de la démission de Mgr Stanislaw Wielgus qui devait prendre possession de son diocèse de Varsovie, le 7 janvier.
« Comme je l’ai appris moi-même lors de mes séjours en Pologne au début des années 1980, il faut bien connaître la situation pour mettre les faits en perspective », a ainsi déclaré Joaquin Navarro-Valls en livrant son témoignage de collaborateur du pape polonais pendant plus de 20 ans. « Dans cet esprit, les motivations (pour sa collaboration avec le régime communiste, ndlr) données par le nouvel archevêque polonais, c’est-à-dire la possibilité d’étudier à l’étranger et garantir sa propre sécurité, décrivent une situation, une logique, qui étaient très répandues à cette époque dans les pays de l’Est », a-t-il estimé. D’après lui, Stanislaw Wielgus « n'aurait jamais pu avoir les autorisations pour étudier à l’étranger s’il n’avait pas accepté le compromis offert par le régime ».
Cette situation « était commune à beaucoup de ses concitoyens, prêtres ou pas », a insisté l’ancien directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Dans ces pays de l’ancien bloc communiste, « la situation pour beaucoup de prêtres et d’évêques était très difficile à vivre », a-t-il poursuivi. Ils vivaient en effet « dans une tension permanente entre héroïsme et compromis ». Car « tout dépendait du caprice idéologique du pouvoir ».
Concernant la perception de « cette réalité très claire » pour Jean Paul II, Joaquin Navarro-Valls a confié que le pape défunt lui avait dit, « en faisant référence à ces faits », qu’il « fallait apprendre à pardonner ». Même s’il disait aussi « qu’il n’y avait besoin d’aucun pardon pour les ‘fautes’ de tant de personnes commises pendant ces années ».
Les services secrets communistes cherchèrent à enrôler Karol Wojtyla, a encore révélé Joaquin Navarro-Valls. « Une fois, je l’ai entendu raconter avec un brin d’ironie » qu’il avait été convoqué par la police « pour des interrogatoires inévitables et fréquents », s’est-il rappelé. Jean Paul II expliquait que les services secrets communistes « pensaient qu’un jour, il aurait pu collaborer ».
Benoît XVI a accepté la démission de Mgr Stanislaw Wielgus, archevêque de Varsovie, convaincu de collaboration avec l’ancienne police secrète communiste, le 7 janvier. Le pape a accepté cette démission et nommé le cardinal Joseph Glemp, primat de Pologne, que Mgr Wielgus devait remplacer, administrateur diocésain de Varsovie « jusqu’à ce que de nouvelles dispositions soient prises ».
Après avoir fermement nié les accusations de collaboration avec la police secrète communiste, le 5 janvier, Mgr Wielgus a avoué sa faute. Il a aussi indiqué s’être confessé au pape dont il attendait la décision à laquelle, il se plierait.
(apic/imedia/ar/pr)
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