Mardi, 18 Avril, 2017 - 13:10
Alors que plusieurs catholiques profitent de 2017 pour souligner le centenaire des apparitions de Fatima, force est d’admettre qu’en matière d’apparition mariale, l’Église catholique préfère encore la prudence.
 
Un phénomène surnaturel, comme un soleil qui aurait «dansé» dans le ciel de Fatima, au Portugal, il y a cent ans, n’est en fait pas le principal facteur qui détermine si une apparition est reconnue ou non.
 
Dans ce cas précis, l’évêque de Leira – là où se trouve Fatima – a reconnu que les apparitions étaient dignes d’être crues, mais pas ce « miracle » du soleil. Sa décision date de 1930, plus de douze ans après la dernière apparition à Lucia dos Santos et ses cousins Jacinta et Francisco Marto.
 
Sur plus de 1500 apparitions mariales alléguées dans le monde, l’Église n’a reconnu que vingt cas au cours au cours du dernier siècle. Les normes à suivre se trouvent dans un document de Paul VI publié en 1978.
 
Selon ces consignes établies par la Congrégation pour la doctrine de la foi, il appartient d’abord à l’évêque du lieu de déterminer la véracité – ou non – d’une apparition. Le processus n’est jamais rapide et, dans certains cas, peut prendre des siècles. Les témoins qui affirment avoir vu la Vierge doivent être interrogés et les « fruits » de ces apparitions (conversions, miracles, guérisons, etc.) doivent être examinés.
 
Selon ces normes, l’évêque du lieu doit établir une commission d’experts qui comprend des théologiens, des canonistes, des psychologues et des médecins pour l’aider à déterminer les faits et l’état spirituel et mental de la personne qui affirme avoir eu une vision. Le message qui accompagne une apparition est également scruté pour voir s’il contient des erreurs théologiques ou doctrinales.
 
Trois scénarios s’offrent ensuite à l’évêque : reconnaître l’apparition, ne pas la reconnaitre, ou ne pas trancher la question et affirmer qu’il a besoin d’aide pour y voir plus clair. En cas de refus, il peut y avoir appel.
 
S’il reste indécis, l’enquête est soumise à la conférence épiscopale nationale. Si l’impasse persiste, le cas est soumis au pape, qui demande alors à la Congrégation pour la doctrine de la foi d’intervenir en donnant des conseils ou en nommant d’autres experts pour le faire.
 
Malgré tout, l’Église catholique n’exige pas de ses fidèles qu’ils croient aux apparitions, même celles qu’elle reconnaît.
 
La reconnaissance ecclésiale consiste donc essentiellement à reconnaître qu’une révélation privée n’est pas contraire à la foi ou à la moralité et que le message peut être partagé. Le pape Benoît XVI disant en 2010 que les fidèles peuvent alors choisir d’y adhérer… prudemment.
 
 
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